ShieldAfrica, vitrine de l’ambition retrouvée de l’Afrique

« Il est impérieux pour nous de penser la méthode et les moyens de prévenir notre continent contre la déstabilisation et de sécuriser le développement de nos pays respectifs », déclarait Alain-Richard Donwahi, ministre de la Défense de la République de Côte d’Ivoire, lors d’une conférence précédant le salon ShieldAfrica, organisé du 24 au 26 janvier dans les murs de l’École nationale de police d’Abidjan.

 

En d’autres termes, il est temps pour l’Afrique de prendre son avenir sécuritaire en main, et d’investir dans un équipement neuf et moderne pour affronter efficacement une menace terroriste aux visages multiples : Boko Haram au Sud, AQMI au Nord, et Daesh à l’Est. Autrefois « soutenus » par les armées étrangères, il est maintenant indispensable pour l’Afrique de prendre son destin militaire en main et de gagner une autonomie matérielle.

 

Le développement de l’Afrique passera nécessairement par sa capacité à assurer elle-même sa sécurité. Les acquisitions ciblées et limitées, réalisées dans l’urgence, ne suffisent plus à répondre aux besoins immenses des armées africaines. Les choix sont pourtant aisés pour les gouvernements africains : l’ampleur des besoins, les contraintes de l’environnement opérationnel et les limites budgétaires sont autant de paramètres privilégiant des systèmes robustes, fiables, sans sophistication superflue et à l’empreinte logistique minimale. Nul besoin d’avions de chasse, de boucliers anti-missile ou de frégates, mais plutôt de véhicules blindés, d’armement individuel et de systèmes de communication tactiques. Autant de technologies d’ores et déjà accessibles mais sur lesquelles les pays africains doivent impérativement venir greffer une logique d’achat d’envergure et à long terme.

 

Ainsi, Yamoussoukro est sur le poids d’adopter une ambitieuse Loi de programmation militaire (LPM) pour 2016-2020, première du genre dans la région. « Il faut une réelle anticipation (…) nous devons sortir de la dictature de l’urgence pour avoir une vraie planification », plaidait en effet Hamed Bakayoko, ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité, lors de la cérémonie d’ouverture de ShieldAfrica. Entre autres mesures, la LPM ivoirienne prévoit de consacrer 1,2Md€ à l’achat de nouveaux équipements et à l’amélioration de la formation des soldats. En outre, l’administration ivoirienne peut désormais profiter de la levée de l’embargo sur les armes de l’ONU, décrétée le 28 avril 2016, pour lancer un programme de rééquipement libéré de toute contrainte.

 

Ne manquait à une région dont le paysage industriel est pratiquement dépourvu de toute filière de défense et de sécurité qu’un évènement tel que ShieldAfrica, en lequel les pays africains placent « beaucoup d’espoirs (…) en cela qu’il doit nous permettre d’avoir de bonnes réponses à nos préoccupations », déclarait Bakayoko. Des réponses en grande partie fournies par l’importante délégation française, dont les six douzaines d’entreprises auront, par l’entremise du GICAT, présentés des technologies innovantes parfaitement adaptées aux besoins exprimés. Citons, par exemple, la société Air-Lynx dont les technologies ALB 11000 et ALS 14000 permettent d’établir une bulle de communication tactique sécurisées opérant au départ de simples smartphones. En matière d’armement individuel, un îlot français a surgi au milieu du raz-de-marée des sociétés israéliennes. Seul dépositaire d’une filière petit calibre en voie de disparition en France, Verney-Carron présentait deux fusils d’assaut basé sur l’AR-15 états-unien, mais présentant une robustesse et une modularité améliorées.

 

 

 

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