Aéronautique : UTC en passe de racheter Rockwell Collins

30 Août 2017 Tags: Défense, Rockwell collins

United Technologies Corp. (UTC) pourrait bientôt challenger Airbus pour le titre de numéro deux mondial de l’aéronautique. Le consortium, qui est déjà le premier fabricant mondial d’équipements aéronautiques avec un chiffre d’affaires de 57,2 milliards de dollars (47,6 milliards d’euros), serait en passe de racheter son concurrent Rockwell Collins, dont le chiffre d’affaires, récemment grossi par le rachat de B/E Aerospace, s’élève à 8,3 milliards de dollars. En négociations depuis plus d’un mois, les deux groupes seraient sur le point d’annoncer un accord, selon le « Wall Street Journal ». Si elle aboutit, cette opération d’un montant estimé de plus de 20 milliards de dollars (16,6 milliards d’euros) propulserait UTC dans la roue d’Airbus.

L’acquisition de Rockwell Collins permettrait à UTC de compléter son offre avec des produits – les instruments de navigation et les sièges – qu’il ne fabrique pas. A l’instar de Safran avec Zodiac, United Technologies, renforcé par les produits de Rockwell Collins, serait en mesure d’offrir aux avionneurs et aux compagnies aériennes toute la palette des équipements présents sur un avion de ligne.

De quoi permettre à UTC et à Rock-well Collins de mieux résister aux efforts de Boeing et d’Airbus pour réduire le poids de leurs fournisseurs. Les deux avionneurs, dont les marges sont en moyenne moins élevées que celles de leurs grands sous-traitants, cherchent continuellement à leur imposer des baisses de prix. Mais depuis peu, ils s’efforcent également de développer des activités d’après-vente, au détriment de celles des équipementiers.

Prédateur plutôt que cible

Ce n’est probablement pas un hasard si les rumeurs de négociations entre UTC et Rockwell Collins ont commencé à fuiter dans la presse américaine une semaine après l’annonce par Boeing de la création d’une branche dédiée à l’avionique. Cette annonce avait suffi à faire plonger le cours de Bourse de Rockwell Collins, dont la grande spécialité est justement l’avionique.

UTC n’en est pas à son coup d’essai en matière de croissance externe. En 2011, le groupe, qui fabrique également des ascenseurs sous la marque Otis et des climatiseurs sous la marque Carrier, avait déjà frappé un grand coup dans l’aéronautique en rachetant Goodrich, pour 16,5 milliards de dollars. Et l’an dernier, UTC avait défrayé la chronique en rejetant une offre de rachat à 90 milliards de dollars de son principal rival Honeywell. Son président exécutif, Greg Hayes, avait estimé qu’UTC avait les moyens de jouer les prédateurs plutôt que de servir de cible, grâce aux 9 milliards de dollars tirés de la vente de l’hélicoptériste Sikorsky à Lockheed Martin en 2015.
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