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La folle histoire de l’usine d’explosifs de Sorgues

21 Avr 2017 Tags: Industrie Défense, innovation
SNPE a validé la modernisation de l’usine d’explosifs de Sorgues, un site de souveraineté nationale. Cette décision va permettre à Eurenco, filiale de SNPE, de sécuriser l’approvisionnement des munitions de l’armée française.

Incroyable ! Il a fallu près de quatre ans à GIAT Industries et à sa filiale SNPE pour lancer la modernisation d’un site industriel de souveraineté nationale détenu par Eurenco pourtant déjà décidée… en juillet 2012 par le gouvernement Ayrault, puis, en 2013 par l’industriel. Un mic-mac abracadabrantesque d’autant que les travaux avaient même commencé en juillet 2013 et la nouvelle usine devait commencer à produire fin 2015. Tout cela a fait pschitt et a longtemps été enterré même si le dossier Phenix (modernisation de Sorgues) a resurgi de temps à autre à travers les coups de gueule des syndicats sur le devenir du site. Mais heureusement l’histoire se finit bien.

Car quatre ans plus tard la modernisation de l’usine de Sorgues dans le Vaucluse (250 salariés) qui est à bout de souffle, a refait surface tout récemment. Plus précisément le 11 avril dernier, date à laquelle le conseil d’administration de SNPE a validé le lancement de la construction d’une nouvelle unité de fabrication d’hexogène (UFH), un composé chimique considéré comme l’un des explosifs militaires les plus puissants au monde. Une décision à 100 millions qui acte ni plus ni moins le maintien d’une filière de poudres et d’explosifs “made in France”. Ce qui va permettre de sécuriser l’approvisionnement de munitions (tête de missiles, bombes, torpilles, obus…) à l’armée française.

Pourquoi avoir autant de temps avant de lancer ce projet de souveraineté nationale alors qu’Eurenco est le seul producteur européen de RDX de Type 1 (hexogène) depuis la fermeture par BAE Systems de son usine d’explosifs en 2007? A l’issue du rachat de SNPE par GIAT Industries, la direction de ce dernier avait trouvé en 2013 la facture trop salée (120 millions d’euros). Initialement, le financement du projet Phénix était assuré par SNPE sur fonds propres à hauteur de 85 % et à 15% par l’État sous forme d’avances remboursables (soutien à l’export). Dommage qu’il ait fallu quatre ans pour relancer ce projet de souveraineté nationale… Entretemps, les pertes de cette usine hors d’âge ont gonflé au fil des ans.

Des installations qui datent de 50 ans

La nouvelle UFH remplacera les ateliers existants dont certaines installations ont plus de 50 ans. Outre de l’hexogène brut ou cristallisé avec de nombreuses granulométries, l’UFH sera capable de produire une gamme complète de compositions explosives pour répondre à tous les besoins des clients d’Eurenco, tels que BAE Systems, Nexter, Rheinmetall (Allemagne), Otomelara (Italie) MBDA, Thales TDA… ainsi que de nombreux clients à l’export, notamment en Asie. Outre la France (Bergerac et Sorgues), Eurenco, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 220 millions d’euros en 2015, est implanté en Belgique (Clermont), Suède (Karlskoga) et aux Etats-Unis (Washington DC, Houston).

“La mise en service opérationnelle est prévue fin 2020 à l’issue des phases de conception, construction et de qualification”, a expliqué Eurenco dans son communiqué publié mercredi. La nouvelle unité permettra de renforcer la sécurité et la sûreté des installations et de garantir un haut niveau de qualité tout au long du processus. Elle sera en outre conforme aux dernières normes environnementales en vigueur. “Les travaux d’études réalisés par le groupe Eurenco dans le cadre du projet Phénix (décidé en 2013, ndlr) ont servi de base à cette nouvelle unité”, a précisé Eurenco. Au moins le projet Phénix a su renaître de ses cendres.

 

 

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