Théorème de poids

03 Mai 2017 Tags: Intelligence artificielle, Thales

Thales a dépassé les 20 milliards d’euros de capitalisation boursière.

Aldous Huxley ne distinguait que trois intelligences (l’humaine, l’animale et la militaire), mais c’est une quatrième, l’intelligence artificielle, qui domine finalement le meilleur des mondes de la technologie. En distiller dans les métiers de la sécurité, la défense, l’aéronautique, le transport et l’espace devrait constituer en soi un cocktail séduisant pour les investisseurs. Pourtant, Thales n’a allumé qu’une maigre étincelle en Bourse vendredi dernier avec l’acquisition de Guavus, un spécialiste californien de l’analyse de données en temps réel pour les entreprises. Outre l’intérêt stratégique du Big Data, cette nouvelle croissance externe avait un autre motif de satisfaction : sa taille (215 millions de dollars soit un peu plus de 7 fois le chiffre d’affaires annuel prévisible de la cible) n’entame guère un trésor de guerre (2,37 milliards d’euros à fin 2016) que les boursiers craignent de voir dilapidé dans des grandes manoeuvres. Il est vrai aussi que le théorème du PDG Patrice Caine – se servir du levier des technologies développées avec le soutien des budgets de défense pour développer les activités civiles – est désormais valorisé avec une prime boursière de 10 à 20 % sur le secteur européen selon AlphaValue. En tête du podium sectoriel (+116 %) depuis qu’il a succédé il y a deux ans et demi, à Jean-Bernard Lévy, et au onzième rang de l’indice SBF 120, le titre, à un plus haut historique, a porté la capitalisation boursière de la fille commune à l’Etat et à Dassault Aviation au-delà des 20 milliards d’euros. Ce qui peut en faire une variable d’une autre équation qui se posera après l’élection présidentielle, celle de l’allégement de l’Etat actionnaire.
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