STYCKR, la data pour optimiser la gestion des stocks

11 Avr 2019 Tags: Generate, Microsoft, Start-Up, Styckr

Depuis plus de 30 ans, Microsoft soutient les startups à travers des programmes adaptés à leurs besoins et à la réalisation de leurs objectifs business. Dans cette série d’articles, découvrez les histoires des startups qui bénéficient d’un accompagnement technique et commercial dans le cadre du programme de partenariat Microsoft for Startups.

STYCKR est la 4e start-up lancée par Thomas Fayon depuis 2012. Et si le concept a décollé, c’est en partie grâce à l’échec de sa précédente start-up, dans le secteur de la fashion tech. Après avoir recherché des solutions intelligentes pour faciliter la gestion (compliquée) de ses stocks et leur maintien en condition opérationnelle, ce serial entrepreneur s’est rendu compte que rien n’existait… Il a alors eu l’idée de créer un générateur autonome de données. Le concept de STYCKR était né.

Dans cet article, Thomas Fayon revient sur son parcours et nous explique en quoi sa collaboration avec Microsoft lui a ouvert de nouveaux horizons.

STYCKR, une solution pour gérer les stocks

Thomas Fayon a lancé STYCKR en 2017 avec son associé Charles-Antoine de Beaumont. La start-up a pour objectifs de tracer la position géographique d’assets industriels, d’en mesurer certains paramètres, de faciliter la gestion des stocks et de proposer des services qui vont bien plus loin que ceux que peut offrir un ERP (Entreprise Resource Planning).

L’asset management et le maintien des assets en condition opérationnelle sont en effet deux fonctionnalités que les ERP du marché ne réunissent pas. Ces derniers sont basés sur du déclaratif manuel (les stocks sont comptabilisés manuellement) ou du déclaratif issu de scans (des puces RFiD ou des codes barres sont placées sur des produits). Le rôle de l’ERP s’arrête là.

STYCKR, un générateur autonome de données

STYCKR, c’est aussi le nom du produit de la start-up : un système embarqué et autonome, à positionner sur les produits industriels pour remonter des informations sur ces derniers. STYCKR est donc un « Autonomous Data Retriever » (ADR ou générateur autonome de données).

Explications en 3 points :

  • STYCKR est capable de récupérer les informations du produit de façon autonome grâce à ses capteurs. Par exemple, la solution peut indiquer si une bouteille de gaz est assez remplie pour continuer à fonctionner. Ces données, traitées dans le cloud Azure de Microsoft, permettent d’anticiper certains paramètres liés aux produits : le taux de remplissage, la géolocalisation, la température environnante…
  • De cette façon, le système permet le maintien en condition opérationnelle d’un produit : les équipes sont informées en temps réel des conditions de stockage et peuvent ainsi veiller à ce qu’il ne subisse pas de choc thermique ou qu’il soit transporté sans choc à une température donnée.
  • STYCKR dispose d’une autonomie énergétique : le système s’auto-alimente grâce aux variables environnementales comme la lumière, les mouvements, les ondes radio, les différentiels thermiques…

Techniquement, STYCKR ça fonctionne comment ?

STYCKR est composé d’une partie hardware (système embarqué) et d’une partie software (intelligence embarquée au sein du système et outils algorithmiques déployés dans le cloud).

Le software correspond à l’intelligence embarquée au sein du système. Une intelligence qui lui permet de comprendre l’environnement dans lequel le produit se trouve en traitant la donnée brute.

La compréhension de l’environnement permet également d’adapter le mode de fonctionnement de STYCKR. Par exemple, si une bouteille de gaz équipée de capteurs auto-alimentés entre dans un camion, le système intelligent embarqué comprendra que le produit est en mouvement et qu’il entre dans un environnement sombre. Par conséquent, il va s’adapter en temps réel pour collecter l’énergie nécessaire à son fonctionnement grâce aux autres sources disponibles. Dans ce cas, il peut par exemple utiliser le Bluetooth disponible à bord, ou encore transformer les mouvements subis par le système en énergie utile.

Le lancement de STYCKR n’a pas été de tout repos !

« Une start-up qui se lance avec un nouveau produit va avoir beaucoup de difficultés à se faire financer », explique Thomas Fayon. Difficulté supplémentaire : l’électronique qui est un secteur bien moins attractif que le logiciel pour les investisseurs, parce qu’il génère davantage de coûts de développement, de besoins en fonds de roulement…

« Les investisseurs ont souvent du mal à comprendre que sans hardware, il n’y a pas de software », poursuit Thomas Fayon. « En France, il y a un blocage culturel, on ne fait pas confiance à un produit qui en est à un stade [avancé] de recherche et développement. On ne finance que des produits qui fonctionnent et qui sont déployés. Fort de ce constat, nous avons dû nous tourner vers un investisseur étranger », confie le CEO en souriant.

Le business angel qui a misé sur STYCKR avait lui-même besoin de cette solution pour sa propre entreprise. C’est ainsi qu’il s’est rendu compte de la demande existante et du marché colossal qui s’offrait à lui… STYCKR a également pu compter sur les aides financières de la BPI.

Convaincre un investisseur, check ! Réussir la V1… Check et du premier coup ! « Je me rappelle le soulagement que nous avons ressenti lorsque la V1 a fonctionné, c’était incroyable ! », se rappelle Thomas Fayon.

Il est rare que la première version d’un produit électronique d’une start-up soit un succès. Thomas a pu s’appuyer sur ses précédentes expériences qui lui ont permis d’« être conscient de ses faiblesses et de s’appuyer sur les bonnes compétences dans son équipe. »

« Et, avant même de se lancer dans la conception d’un prototype, il faut anticiper les difficultés d’industrialisation du produit », ajoute-t-il.

Pas de temps pour le doute

« Pour cette start-up, j’ai su réagir rapidement aux imprévus, explique le CEO. Et c’est un conseil que je donnerai à tous ceux qui souhaitent lancer une entreprise : si vous baissez les bras au moindre retour négatif, alors votre projet est terminé ! »

Thomas compare le lancement d’une start-up à des montagnes russes émotionnelles : se positionner sur un nouveau créneau, convaincre de sa plus-value, créer un prototype… Cela représente beaucoup d’investissement personnel car c’est une course de fond et non un sprint. Pour tenir le rythme, il faut être résilient et persévérant.

De 2 à 11 salariés en un an

Pour le CEO, il était important de mobiliser les bonnes compétences et, encore plus, que ses collaborateurs soient épanouis : « j’ai à cœur que les gens s’amusent chez nous et restent. Il faut qu’il y ait une bonne cohésion. Et je dois dire que la chose dont je suis le plus fier, c’est mon équipe. Une véritable aventure humaine. »

STYCKR a pris le parti de ne pas tout externaliser et de garder sa propriété intellectuelle en internalisant ses compétences. « En recrutant rapidement, on embauche des collaborateurs dès le début du projet, ils contribuent donc à l’évolution du produit, détaille Thomas. Par conséquent, ils n’ont pas besoin d’être formées par la suite, ils connaissent déjà tout ! ».

Accélération avec Microsoft

La collaboration avec Microsoft a débuté en octobre 2018, lorsque Thomas Fayon et son équipe se sont rendus compte qu’ils avaient besoin d’un accompagnement pour configurer l’architecture de leur système de données afin de mieux stocker, traiter et analyser ces dernières au quotidien.

C’est Caphorn, l’un des fonds avec qui la start-up est en contact, qui a recommandé à son créateur le programme de Microsoft. La mise en relation faite, STYCKR a pu bénéficier gratuitement de l’équivalent 120 000 dollars de stockage de données sur le cloud Azure… Un avantage considérable pour une start-up qui débute.

Pour Thomas Fayon, les bénéfices du soutien de Microsoft sont nombreux : suivi optimal, stabilisation du fonctionnement, formations régulières sur les produits cloud, accès gratuit et illimité à certains produits, adaptabilité des produits initiaux, support de vente… 

« Nous utilisons plusieurs produits de la plateforme cloud Azure (dont AKS, eventshub et les serveurs de Microsoft) qui nous simplifient le travail au quotidien car tout est au même format, note Thomas. Et ce qui est appréciable, c’est la disponibilité de l’équipe technique, qui répond immédiatement à nos points de blocage. »

« Avec Microsoft, nous trouvons des solutions rapidement, et nous gagnons un temps précieux. » – Thomas Fayon, Fondateur, STYCKR

Par ailleurs, l’accompagnement du support de vente de Microsoft permet de promouvoir STYCKR au sein du réseau Microsoft. Pour le CEO, c’est un véritable atout :

Choisir Microsoft, c’est choisir un accompagnement personnalisé et suivi mais aussi un bel argument de vente. Cela rassure nos clients de dire que nous travaillons avec Microsoft, qui est une référence incontournable dans le domaine de l’IT.

Et demain ?

Le crédit cloud Azure est fourni pour deux ans, mais l’accompagnement technique et commerciale par les équipes de Microsoft n’a pas de limite dans le temps. Une proposition de valeur unique sur le marché, symbolisant le véritable partenariat qui existe entre Microsoft et les autres start-ups faisant partie de ce programme.

La migration totale de nos données peut être risquée ou prendre plus de temps que prévu. Notre collaboration pourra donc durer plus de deux ans. Rien ne nous est imposé par Microsoft, il n’y a pas de date de fin de programmée, libre à nous de décider.

Une collaboration de confiance qui aujourd’hui porte ses fruits puisque le produit est industrialisé, modulable et actif chez plusieurs clients industriels dont Air Liquid, Orano, Sanofi et L’Oréal.

Les dates clés de STYCKR :

Décembre 2017 : Création de la société STYCKR

Février 2018 : Levée de fonds

Mai 2018 : Fonctionnement du 1er prototype

Octobre 2018 : Début du programme d’accompagnement de Microsoft

Décembre 2018 : V1 Industrialisation du produit

Janvier 2019 : Effectif de 13 personnes

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