Armée de Terre : des robots testés en opérations au Mali dès 2020

15 Juil 2019 Tags: DGA, Robot, Shark Robotics

L’armée de Terre souhaite rapidement expérimenter une dizaine de robots lourds sur des théâtres d’opération extérieure. Une expérimentation qui devrait se réaliser au Mali dans le courant du deuxième semestre.

Non, ce n’est plus de la science-fiction… Des robots vont aller faire la guerre aux côtés des militaires français dès 2020 au Mali. A la suite d’une première expérimentation fin mars au centre d’entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB), l’armée de Terre souhaite rapidement poursuivre ses tests avec une dizaine de robots lourds, qui vont être déployer sur des théâtres d’opérations extérieures. Ce sera plus précisément au Mali au cours du second semestre 2020, explique-t-on à La Tribune. Ce qui confirme une information du blog FOB, qui a révélé qu’un avis de marché publié par la direction générale de l’armement (DGA) prévoyait l’acquisition d’une petite série de robots terrestres en vue d’une première expérimentation sur un théâtre d’opération extérieure dès 2020.

Financée par l’Agence de l’innovation de défense (AID), cette première expérimentation en terrain urbain ou en terrain ouvert a permis à plusieurs industriels de présenter les performances de leurs robots à roue ou chenillés au CENZUB face à des militaires français dans des conditions de combat. L’armée de Terre et la DGA avaient convié les deux géants de l’armement terrestre Nexter (robots d’observation, de transport et doté d’un canon de 20 mm) et Arquus (PVP téléopéré) ainsi que deux PME tricolores Tecdron (observation et transport) et Shark Robotics (transport, observation, bras articulé…). En revanche, Safran (observation, transport) n’avait pas pu participer à cette opération mais devrait rejoindre plus tard cette expérimentation. Pour gagner du temps, ce sont les industriels eux-mêmes qui avaient téléopéré leurs robots.

Les robots, une priorité pour l’armée de terre

“Ma priorité essentielle en termes d’innovation concerne la robotisation et la capacité à imaginer ou à construire des engins qui allègent les soldats en opération et fassent office de robots dotés d’une forme d’intelligence”, avait expliqué en octobre 2018 devant les députés de la commission de la défense, le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser. Ainsi, des mules robotisées sont capables aujourd’hui de transporter du matériel et des munitions, voire d’évacuer des blessés, et peuvent se déplacer de façon autonome sur le terrain.

Début juin, le général Jean-Pierre Bosser expliquait qu’une de ses préoccupations “touchait à l’engagement des robots, la guerre à distance, par procuration – celle des robots autonomes, avec ou sans l’humain”. Et de préciser qu’il est “intéressant de savoir que certaines armées sont plus allantes que d’autres dans ce domaine et que les armées qui ont des difficultés à s’engager en opérations extérieures sont probablement aussi celles qui auront du mal à engager des robots demain”. En tout cas, le chef d’état-major de l’armée de Terre voulait aller vite : “des solutions existent, méritent d’être finalisées et, pourquoi pas, d’être acquises dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM)”, avait-il espéré en octobre 2018. Son vœu est sur le point d’être exaucé.

Des expérimentations poussées dans d’autres armées

Les forces américaines, chinoises et russes travaillent déjà à l’intégration d’unités robotisées armées, des systèmes armés autonomes mais encore sous tutelle humaine. Soit le dernier stade avant l’autonomie complète. Des expérimentations que les grandes puissances militaires effectuent actuellement alors que les plus grands experts ne sont pour le moment pas capables d’expliquer l’IA, dite de « boite noire », ni encore moins de la certifier.

L’immaturité des techniques de l’IA ne fait vraiment pas peur aux Américains, qui raisonnent différemment : “Ce qui ne serait pas éthique serait certainement d’envoyer des soldats américains au contact d’une unité de robots armés (chinois ou russes)”, ont-ils déclaré. En revanche, “la position française est sans ambiguïté, le président de la République a été parfaitement clair : la France refuse de confier la décision de vie ou de mort à une machine qui agirait de façon pleinement autonome et échapperait à tout contrôle humain”, a expliqué en avril dernier la ministre des Armées, Florence Parly.

Source : La Tribune

X