Armement : le futur hélicoptère léger des armées va décoller deux ans plus tôt

29 Mai 2019 Tags: Airbus Helicopters, ALAT, H160, HIL

La ministre des Armées Florence Parly va annoncer l’avancement des livraisons du programme HIL (Hélicoptère interarmées léger) de deux ans. Pour y parvenir, Airbus Helicopters va autofinancer et pré-financer un montant de 150 millions d’euros environ.

Que de rebondissements pour le programme HIL, le futur hélicoptère des trois forces armées. Cette fois-ci, Airbus Helicopters gagne deux ans par rapport aux premières livraisons qui avaient été prévues dans la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. C’est ce que va annoncer ce lundi à Marignane sur le site d’Airbus Helicopters la ministre des Armées, Florence Parly, qui a dévoilé lundi le nom de cet hélicoptère de 6 tonnes, le Guépard, développé à partir de la plateforme H160 (1 milliard d’euros) et une maquette à l’échelle 1.

Le contrat de réalisation sera signé en 2021 (au lieu de 2022), puis les premières livraisons des appareils destinés à l’armée de Terre sont attendues en 2026 (au lieu de 2028). Soit la première année de la prochaine LPM. Les armées recevront au total 169 HIL (Hélicoptères interarmées légers) pour remplacer cinq flottes d’hélicoptères très anciennes (Alouette 3, Dauphin, Gazelle, Fennec et Panther) : 80 pour l’armée de Terre, 49 pour la Marine et 40 pour l’armée de l’air.

Premières livraisons à l’armée de Terre

Ce n’est pas la première fois que ce programme connait des avancées, puis des tours de vis. En mars 2017, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, avait annoncé à Marignane que le premier HIL sera livré en 2024 au lieu de 2028. Mais “rien n’avait été prévu pour financer ce programme. La LPM n’avait pas été encore préparée et rien n’avait été instruit”, explique-t-on à La Tribune. Initialement, il était même prévu jusqu’en 2012 que les premiers exemplaires du HIL soient livrés en 2020.

Pour sa part, Florence Parly semble avoir trouvé les clés du financement pour avancer de deux ans les premières livraisons du programme HIL à l’armée de Terre. Cette dernière sera prioritairement livrée pour remplacer les Gazelle, qui auront 40 ans d’âge en 2025. Les quatre autres flottes auront quant à elles entre 30 et 35 ans en 2025. “Plus tôt on remplace ces flottes, mieux ce sera car on est très intéressé d’avoir ces hélicoptères au plus vite pour disposer au plus tôt de capacités opérationnelles améliorées”, fait-on valoir dans l’entourage de la ministre.

Un financement original

Avancer les livraisons de deux ans du programme HIL ne va pas augmenter les crédits dédiés à la LPM 2019-2025. Comment ? Par deux leviers : Airbus Helicopters a accepté d’autofinancer une part du développement du HIL et de préfinancer une partie des études et de la production. Soit une somme de 150 millions d’euros environ : 10% du montant seront autofinancés par le constructeur et 130/135 millions pré-financés. Airbus Helicopters va prêter cet argent à l’Etat avec bien sûr des intérêts (entre 6 et 7 millions d’euros) que le ministère des Armées remboursera lors de la LPM suivante.

Selon les estimations du ministère des Armées, la possibilité de retirer plus vite les vieux appareils deux ans plus tôt pourrait faire économiser “une grosse centaine de millions d’euros”, précise-t-on dans l’entourage de la ministre. D’autant que le HIL devrait avoir des coûts de maintenance réduits. Ce qui voudrait dire que le ministère des Armées devrait in fine économiser “une centaine de millions d’euros en avançant de deux ans ce programme”, souligne-t-on. Cette opération entre le ministère et Airbus Helicopters est “une manifestation concrète des nouvelles relations que l’on veut avoir avec les industriels”dans le cadre de la réforme de la direction générale de l’armement (DGA) et de la réforme des programmes d’armement.

Airbus vise un marché export de 200 appareils

Si le ministère des Armées y gagne, Airbus a également de bonnes raisons de faire de tels efforts pour des raisons de BITD (base industrielle et technologique de défense), de continuité de chaîne industrielle et de bureau d’études. Surtout le constructeur lorgne un marché export évalué à 400 appareils machines sur ce segment d’hélicoptères légers entre 2025 et 2030. Airbus Helicopters se verrait bien capter la moitié du marché. “Plus tôt le constructeur aura une référence de l’armée française sur ce produit, plus il aura des chances de le vendre à l’exportation”, précise-t-on à, La Tribune. Clairement une opération gagnante-gagnante.

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