La pépite Nexeya cherche un partenaire pour accélérer son développement

06 Fév 2019
La belle PME, spécialisée dans la conception de produits électroniques critiques dans la défense et l’aérospatial notamment, est en négociations avec plusieurs groupes, dont l’allemand Hensoldt.

Selon plusieurs sources concordantes, Nexeya cherche depuis plusieurs mois à s’adosser à un groupe puissant afin d’accélérer son développement et acquérir une taille critique plus significative. Les trois actionnaires de cette très belle PME française – Jean-Yves Rivière, Philippe Gautier et Jérôme Giraud -, réunis dans une holding de tête, Nexeya Invest, société par action simplifiée, ont engagé des négociaitons, dont certaines sont avancées, avec plusieurs groupes. L’allemand Hensoldt, détenu par le fonds américain KKR qui a repris l’activité électronique d’Airbus, fait partie des prétendants sérieux. En juillet 2017, le management de Nexeya était pourtant redevenu l’actionnaire majoritaire de Nexeya.

Tout en voulant rester au capital et dans le management de la société, les actionnaires sont prêts 18 mois seulement après avoir repris le manche, à laisser à nouveau le contrôle de Nexeya à un futur repreneur. Selon une source proche du dossier, il n’y a toutefois aucun urgence à conclure un accord, la PME se portant bien. Nexeya est spécialisée dans la conception de produits électroniques critiques dans la défense, l’aérospatial, l’énergie, le ferroviaire et l’automobile (125,5 millions d’euros sur l’exercice 2017-2018).

Un rachat par Hensoldt poserait des questions

Le processus de cession de cette pépite française, qui a développé des technologies sensibles, est surveillée « au millimètre » par les pouvoirs publics, selon une source gouvernementale. Cette PME travaille avec de grands donneurs d’ordres français et internationaux comme Airbus, CEA, les chinois Comac/Avic, CNES, Naval Group, DGA, Safran, Thales. Grâce au CNES, elle a lancé une filière de nanosatellites en France. Pour l’heure, aucun dossier n’a été déposé sur le bureau ni de la direction générale de l’armement (DGA), ni de la direction générale du Trésor. Il sera examiné dans le cadre du décret IEF (investissements étrangers en France) si l’acheteur est étranger.

Dans ce contexte, un rachat par Hensoldt devrait poser un certain nombre de questions. Car Nexeya conçoit, fabrique et soutient des équipements innovants pour les forces aériennes, terrestres, navales et interarmées. Pourtant, Il y a environ 18 mois, Nexeya avait tenté une opération de consolidation en France. Il souhaitait acheter la société Spherea (plus de 120 millions de chiffre d’affaires), une ancienne activité d’EADS cédée en 2014 et détenue aujourd’hui par le fonds ACE Management (74,3%) et la société de capital-investissement IRDI (21,4%). ACE Management, le fonds racheté récemment par Tikehau Capital, n’avait pas été convaincu par cette opération.

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